ACTUALITÉS

 

Dimanche 5 avril 2009 7 05 /04 /2009 02:25

Voici les comptes-rendus écrits et en vidéo (intégrale) de la réunion des mardis du PS du  24 Mars à Trappes sur le thème de la culture dont l'invitée était Catherine Tasca.

Tout d'abord la vidéo de l'intervention de Catherine Tasca (47 minutes):




Ensuite la vidéo des réponses de Catherine Tasca aux questions des militants présents (34 minutes):





Et voici le résumé écrit de l'intervention de Catherine Tasca
:

La Culture, une réponse possible à la crise ?


Pour nous, gens de gauche, faire un lien entre la culture et la réponse à la crise, c'est évoquer la place de la culture dans la cité et la responsabilité politique dans le domaine culturel.

Sans accès à la culture, qui est l'élément fondamental de l'égalité des chances, de la justice, de la capacité à faire des choix, le citoyen est démuni, et plus particulièrement dans les périodes de difficulté.

 

Il faut faire un peu d'Histoire.


C'est le Front Populaire qui, le premier, et en temps de crise, met la culture au cœur de son projet politique. Cette certitude de la place première de la culture dans la vie et la formation du citoyen, a habité la gauche pendant cette période effroyable qu'a été la deuxième guerre mondiale.

Le choc provoqué par cette guerre a fait comprendre que l'accès de tous à la culture était indispensable. Nos politiques culturelles sont aujourd'hui les héritières de la pensée de la Résistance .


De l'après-guerre à la fin des années 50.


C'est après la deuxième guerre mondiale que se créent les associations d'éducation populaire.

Et c'est cette idéologie de l'Education populaire selon laquelle, dans une démocratie, les citoyens ont besoin, non seulement d'avoir de quoi vivre, d'avoir une formation, un travail, mais aussi de partager la culture, qui va inspirer les pionniers de la politique culturelle : « la culture pour tous »

Se met alors en place un débat sur la décentralisation culturelle au travers de tournées en province d'expositions et de troupes théâtrales, souvent à l'invitation d'associations de spectateurs.

Ce sont aussi les militants des associations populaires, éducateurs, animateurs des mouvements de jeunesse qui introduisent les Arts dans leurs pratiques.

La vie culturelle est alors portée par des militants de la culture (La culture, c'est le patrimoine, mais aussi la création vivante, la relation aux artistes et la pratique amateur).

Est alors conçu le premier projet d'implantation de lieux artistiques dans toute la France (Jeanne Laurent). C'est la rencontre avec l'Art, le croisement des publics et des œuvres.

Tout cela suscite des débats, car la culture pour tous, ce n'était pas un projet porté par les libéraux.


La naissance du ministère

 

Malraux, premier Ministre de la Culture (1959), privilégiait l'accès aux grandes œuvres de l'humanité, qu'elles soient littéraires, théâtrales, musicales ou plastiques. La culture, c'est tout cela, mais c'est aussi la pratique amateur de chacun, les liens à sa cité, à sa langue, y compris les langues régionales et tout une série de connaissances qui font le lien avec son territoire.


Sont créées les Maisons de la culture, en concertation avec les collectivités locales, il en était projeté une par département. Au final, une vingtaine seront réalisées.

Ces Maisons de la Culture étaient gérées par des associations, représentant les forces vives de la cité. Elles étaient le lieu de rencontre entre les artistes et le projet politique. Elles étaient également lieu de débats entre pratique professionnelle et pratique amateur, culture au plus haut niveau et pratique amateur.


De 1972 à 1977, ces deux aspects du projet culturel se retrouvent dans le fonctionnement  des Maisons de la Culture avec également le projet politique d'éducation des citoyens. La démocratie a besoin de citoyens éclairés.

 

L'élection de François Mitterrand en 1981 donne un formidable coup de pouce à la politique culturelle, (considérée dès lors comme instrument de développement de la société) mais creuse le fossé entre les deux branches de la politique culturelle.

Jack Lang bénéficie de moyens extraordinaires que n'avaient jamais eu ses prédécesseurs. La priorité est donnée à l'Art mais on décroche de la dimension du projet global d'éducation populaire.

Lang amplifie la politique d'aménagement culturel du territoire commencé par Malraux avec le maillage du territoire par des éléments culturels tels les théâtres, les bibliothèques/médiathèques, les écoles de musique, les musées.

Ce sont ces équipements, mis en place pendant quatre décennies, dont nous bénéficions encore aujourd'hui. C'est cela qui a permis la pluridisciplinarité artistique et l'émergence de jeunes créateurs.


La culture, c'est aussi la création d'œuvres originales.

Dans cette période une large place a été faite à la création d'œuvres originales nouvelles par opposition à la seule mise en valeur du patrimoine.

Les villes commandent des fresques, des sculptures..., c'est là que se fait la rencontre entre artistes, œuvres et population (exemples : festivals de rue, présence physique de la vie artistique dans la cité, compagnie Royal de Luxe)

Les collectivités de gauche se sont beaucoup engagées dans les projets culturels, mais ce n'est pourtant pas suffisamment inscrit dans les débats et campagnes politiques.

Il faut donner une place forte au projet culturel dans notre politique, car la vie peut se transformer par la culture d'où la nécessité d'une éducation culturelle et artistique à l'école. Aujourd'hui il y a désengagement de l'Etat et cette éducation n'est plus assumée que par les collectivités locales et les parents, en dehors des heures scolaires. Il faut absolument que la gauche reprenne l'idée d'une grande politique culturelle et artisitique à l'école.


La politique culturelle doit créer la demande, c'est une responsabilité politique que de permettre aux jeunes d'avoir ce cheminement.


Aujourd'hui, les difficultés de la vie (formation, chômage) font que beaucoup ne se sentent pas concernés par la Culture, il y a pourtant là un enjeu essentiel pour la formation d'un citoyen libre. La culture ne saurait se concevoir comme un luxe.


Il reste à inventer le lien entre culture et nouvelles technologies (Internet), ces nouvelles technologies qui changent totalement l'accès aux œuvres (voir loi HADOPI, en débat aujourd'hui concernant la protection des droit d'auteur et leur juste rémunération, mais qui n'apporte pas une solution complète et entière à cette question).


Il faut retrouver le débat démocratique, mettre en relation des cultures différentes, continuer d'organiser le croisement des Arts et des publics.


Il faut être vigilant et préserver la pratique collective dans le culturel (les spectacles vivants...) même si l'on reconnaît les pratiques individuelles


La Culture partout : dans les hôpitaux, les prisons, avec entre autres les travaux d'écriture qui facilitent la réinsertion.

L'expression artistique est un moteur précieux qui permet de ne pas se résigner à une vision matérialiste du monde ; elle donne une capacité de révolte, de refus.

Le mécénat, qui permet à certains de valoriser leur image, n'est pas suffisant, ; les mécènes n'assument jamais l'Education artistique ; la Culture doit être présente dès l'école maternelle.


Nécessité de faire la différence entre culture et loisir : la pratique culturelle peut apporter espoir, optimisme, donner des capacités d'expression, aider à formuler des attentes, permet de « recoller les morceaux » dans un monde de plus en plus morcelé, atomisé, face à une crise sociale et économique sans précédent.

 

C'est en cela que la Culture peut être une réponse possible à la crise.


Publié dans : Les élus - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

PS TV

INFOS FEDERALES

FLUX RSS

  • Flux RSS des articles
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés