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Voeu du groupe socialiste au Conseil Régional d'IDF relatif au planning familial

altLors de sa séance plénière des 29 et 30 septembre, l'assemblée régionale a voté un voeu présenté par le groupe socialiste du Conseil Régional d'Ile-de-France relatif au planning familial, afin de demander à l'Etat de prendre ses responsabilités et de financer au minimum le planning familial à hauteur du soutien financier de la Région Ile-de-France.

Ce voeu a été adopté à une très large majorité (groupe socialiste et apparentés, EELV, Front de Gauche, MRC, Front de Gauche et Alternatifs) malgré une abstention du groupe UMP.

Le contenu du voeu est ci-dessous :

"Monsieur le président, chers collègues, « rien n’est jamais acquis à l’homme », disait Aragon. A la femme, encore moins. Les droits des femmes sont un acquis récent quand ils existent, et leur pérennité est toujours contestée.

Souvent cantonnées à la sphère domestique, les femmes ont longtemps été destinées à être avant tout des filles, des épouses, des mères, à la fois éternelles mineures et grillons du foyer. C’est avec la maîtrise de leur sexualité qu’elles sont devenues femmes, comme l’a si bien dit Simone de BEAUVOIR. Ce n’est pas pour rien si le droit à la contraception et le droit d’accès à l’IVG ont accompagné l’émancipation des femmes. Devant l’engendrement, les hommes et les femmes ne sont pas égaux.

Quand les uns peuvent se soustraire aux conséquences de leurs actes, les autres ne le peuvent pas. En donnant aux femmes la maîtrise de leur sexualité, ce n’est pas seulement la maîtrise de leur corps qu’elles ont obtenu, mais leur part de liberté et d’égalité. L’exercice effectif du libre arbitre suppose que nous puissions faire reculer les déterminismes qui nous enferment. Là où le déterminisme biologique joue à plein, la soumission devient la norme. Avec la maîtrise de son corps, l’émancipation devient possible, car alors, si faire un enfant est une aptitude, ce n’est plus un destin. Pour que cette possibilité ne soit pas un rocher de Sisyphe, encore faut-il que toutes les femmes puissent exercer leurs droits ? Encore faut-il que les représentations de la femme et des relations hommes – femmes évoluent, encore faut-il que cette question ne soit pas marginalisée. C’est parce que nous sommes très attachés à ces enjeux que nous tenons absolument à mettre en avant les actions menées par le Mouvement français pour le planning familial (MFPF). En effet, qui mieux que le planning familial répond mieux à ce double impératif d’éducation et d’accès aux droits ? Et pourtant, si le besoin existe toujours, le travail du planning familial se fait dans des conditions de plus en plus difficiles, faute de subventions suffisantes. Alors que les difficultés rencontrées ne datent pas d’hier, il a fallu que le planning familial mène une lutte acharnée pour que les crédits qui lui étaient alors alloués par l’Etat ne lui soient pas supprimés. Mais le protocole signé en 2008 entre l’Etat et le planning a eu les plus grandes difficultés à être appliqué, alors même que ses dotations sont insuffisantes pour faire face à la demande et déficientes par rapport aux besoins.

A cela s’ajoute les nombreuses fermetures de centres d’IVG, la détérioration de l’accès au droit en la matière (délais d’attente importants, non-respect des tarifs réglementaires, refus de prise en charge en particulier des mineures et des femmes sans papiers, politiques de quotas, etc.). Les atteintes constatées à la liberté des femmes en matière de sexualité et de contraception ne sont donc pas anecdotiques.

Dans ces conditions, que de nombreuses femmes doivent aller avorter à l’étranger faute de solution trouvée dans les délais légaux n’est pas acceptable. Très concrètement, le peu de considération que le gouvernement a pour le rôle du planning familial se traduit par la baisse de ses ressources en Ile-de-France. Pour l’année 2011, l’Agence régionale de santé (ARS) lui a versé une subvention de 13 000 euros, au lieu des 17 000 souhaités. Aussi, si le planning peut continuer à exercer ses missions sur notre territoire, c’est grâce au soutien de la région Ile-de-France qui lui verse chaque année une subvention de 100 000 euros et finance depuis quatre ans la campagne « sexualité, contraception, avortement : un droit, mon choix, notre liberté », qui s’élève à 300 000 euros par an. Enfin, la pérennité de l’action du planning repose sur le dévouement de ses employés, qui pour faire face aux missions qui sont les leurs, s’investissent au-delà de leurs obligations professionnelles ou simplement militantes. Pourtant, si aujourd’hui les actions locales s’essoufflent, c’est largement parce qu’il n’y a plus les moyens suffisants pour agir dans la durée. Mais ce gouvernement s’en lave les mains. Tout ce qu’il propose : faire mieux avec moins. Vaste programme, lorsque chacun s’accorde à dire que l’on faisait ce que l’on pouvait avec pas assez.

Dans nos responsabilités d’élus, nous avons tous pu constater à quel point il était difficile de mener une action éducative quand faute de personnel en nombre suffisant, les dossiers s’accumulent, quand faute d’intervenant sur le terrain, les situations basculent, quand faute de ressources mobilisables, les aides attendues ne viennent pas. Le groupe socialiste remarque à quel point le travail considérable qu’effectue dans des conditions difficiles le milieu associatif est peu reconnu par ce gouvernement. Nous ne pouvons que le déplorer, tant des actions comme celles menées par le planning familial témoignent d’un engagement citoyen, pour que la solidarité, l’éducation, l’égalité et la liberté ne soient pas cantonnées au discours incantatoire mais restent des ferments actifs de notre société.

De ce fait, notre Assemblée demande à l’Etat dans le cadre de la préparation de la loi de finances 2012 de consacrer le budget nécessaire permettant à l’ARS de verser au mouvement français du planning familial au moins autant que la région Ile-de-France, voire plus, ce qui serait un minimum. Je vous remercie."

Voeu présenté par Céline PINO au nom du groupe socialiste et apparentés




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