Lancement de la campagne Européenne PS à Toulouse le 24 Avril
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- Categorie : Actualité nationale Publié le Dimanche 26 Avril 2009
A Toulouse, Mme Aubry plaide "pour une Europe moins sauvage"
Changement de décor pour le lancement de la campagne des élections européennes du Parti socialiste. Le poing et la rose, emblèmes historiques du PS, ont laissé place à un slogan bilingue, en rouge sur fond blanc, proclamant "le peuple d'abord" ("people first").
L'ancienne Halle aux grains de Toulouse était pavoisée aux couleurs du Parti socialiste européen (PSE). Sur la scène, le Danois Poul Nyrup Rasmussen, président du PSE, a présenté, en français et en anglais, les têtes de liste socialistes et sociales-démocrates de tous les Etats membres de l'Union européenne (UE). "Nous lançons le même jour, au même endroit, la campagne pour les élections européennes avec des têtes de liste des 27 partis frères socialistes et sociaux-démocrates", s'est félicitée Martine Aubry. La première secrétaire du PS a mis en avant le "programme commun" du PSE pour "changer le cours de l'Europe".
Ce document, préparé par M. Rasmussen, exige "un nouveau plan de relance renforcé pour l'Europe". "Si on ne fait rien, on aura 27 millions de chômeurs au printemps 2010", a pronostiqué le président du PSE, lors d'un point presse commun avec Mme Aubry avant le meeting. "Notre ambition de prendre la majorité est réaliste, nous en sommes très proches", a-t-il ajouté, la droite étant majoritaire dans le Parlement européen sortant. L'ancien premier ministre danois est "le candidat le mieux placé" pour remplacer José Manuel Barroso à la présidence de la Commission européenne, estimait Jean-Christophe Cambadélis, directeur de la campagne en France.
Devant les militants socialistes, la première secrétaire du PS Martine Aubry a attaqué "l'Europe de Sarkozy-Barroso-Berlusconi". Son discours a parfois pris des accents altermondialistes. "Une autre Europe est possible", a lancé Mme Aubry, qui a pris soin de se placer d'emblée sous les auspices de Jean Jaurès, citant le dernier article du tribun socialiste réclamant, dès 1914, dans La Dépêche, "une Europe un peu moins sauvage".
Elle a apporté son soutien aux ouvriers de l'usine de câblage automobile Molex, menacée de fermeture en juin. Le président de la banque Dexia et ses 850 000 euros d'indemnités de départ ont été montrés du doigt. "Nicolas Sarkozy annonce une loi sur les bandes, mais on attend toujours une loi sur les bonus scandaleux", s'est indignée Mme Aubry, sous des tonnerres d'applaudissements. "La colère monte partout (...). Nous devons agir", a-t-elle indiqué.
Le représentant lituanien s'est aussi taillé un joli succès en dénonçant les "banksters", contraction en anglais de banquiers et gangsters. Mais l'effet de tribune le plus remarqué est venu du président du groupe socialiste au Parlement européen. Membre du SPD, Martin Schulz s'est félicité, en français, d'être à la tête d'un groupe de 208 députés venus de pays "que l'armée de (son) pays a envahis il y a soixante ans". S'adressant aux jeunes de la salle dans une référence subtile au "discours à la jeunesse" de Jaurès, le député allemand a été applaudi debout. Auparavant, il avait lâché cette pique à l'intention de François Bayrou, le président du MoDem : "A la maison, il parle comme Karl Marx en exil, mais, à Bruxelles, il est avec des sauvages néolibéraux."



